Télétravail et entreprises24 septembre 2026
Indemnité télétravail 2026 et coworking : l'employeur doit-il payer ?
L'employeur doit prendre en charge les frais du télétravail, au réel ou au forfait. En 2026, l'allocation exonérée plafonne à 2,70 € par jour, quand une journée en coworking coûte 25 € en médiane. Ce que disent les textes, et comment financer un poste en coworking.

Oui, l'employeur doit prendre en charge les frais occasionnés par le télétravail, soit en remboursant les dépenses réelles sur justificatifs, soit en versant une indemnité forfaitaire. En 2026, cette indemnité est exonérée de cotisations jusqu'à 2,70 € par jour de télétravail, dans la limite de 59,40 € par mois.
Le barème ne dit rien du coworking, et c'est là que la question se complique. Selon le relevé LesCoworkings de juillet 2026 (267 tarifs), une journée en coworking coûte 25 € en médiane : l'allocation forfaitaire en couvre à peine 11 %. Les tarifs sont relevés sur les sites des espaces, selon notre méthode de relevé des prix.
L'employeur doit-il prendre en charge les frais de télétravail ?
La règle est posée sans ambiguïté par la fiche de service-public.fr sur le télétravail dans le secteur privé : l'employeur prend en charge les frais engagés par le salarié pour exécuter son contrat de travail, et donc ceux du télétravail. Deux modalités sont prévues :
- le remboursement des dépenses réelles, factures à l'appui,
- le versement d'une indemnité forfaitaire, sans justificatif dans la limite du barème.
Le télétravail lui-même s'organise par un accord collectif, une charte de l'employeur ou, à défaut, un simple accord entre l'employeur et le salarié, de préférence écrit. Ce cadre fixe aussi les lieux où le salarié peut travailler. Les textes de référence sont les articles L1222-9 à L1222-11 du Code du travail et les accords nationaux interprofessionnels de 2005 et de 2020.
Le barème URSSAF 2026 de l'indemnité de télétravail
L'URSSAF publie les montants maximaux exonérés en 2026. Ils diffèrent selon que l'indemnité est prévue ou non par un accord de branche.
| Modalité de versement | Sans accord de branche | Avec accord de branche, professionnel ou de groupe |
|---|---|---|
| Par jour de télétravail | 2,70 € dans la limite de 59,40 € par mois | 3,30 € dans la limite de 72,60 € par mois |
| Par mois, pour 1 jour de télétravail par semaine | 11 € | 13,20 € |
Source : URSSAF, montants maximaux exonérés en 2026.
Un salarié qui télétravaille deux jours par semaine peut ainsi recevoir 22 € par mois sans justificatif, comme le rappelle Service Public Entreprendre dans son point sur le barème 2026.
Trois précisions comptent pour l'employeur :
- Ce sont des plafonds d'exonération, pas des montants imposés. L'entreprise peut verser moins, ou davantage.
- Au-delà du plafond, l'exonération de cotisations n'est admise que si l'employeur justifie la réalité des dépenses supportées par le salarié.
- Pas de cumul avec le remboursement des frais d'utilisation des outils informatiques personnels, déjà couverts par l'indemnité de télétravail.
Et si le salarié télétravaille depuis un coworking ?
Ni la fiche de service-public.fr ni la page de l'URSSAF ne visent le coworking en tant que tel. L'URSSAF classe les frais de télétravail en trois catégories : l'usage d'un local privé à des fins professionnelles, l'aménagement d'un local spécifique (mobilier, matériel) et le matériel informatique, la connexion et les fournitures. Service-public.fr cite en revanche le « bureau partagé » et le télécentre parmi les lieux de télétravail possibles, dès lors que l'accord, la charte ou l'employeur les autorisent.
Deux situations se distinguent donc en pratique.
Le coworking est prévu ou autorisé par l'employeur. L'accord, la charte ou un avenant désigne un espace de coworking comme lieu de télétravail. Le coût du poste est alors une dépense engagée pour exécuter le contrat. Le forfait ne suffit pas à le couvrir, et le remboursement sur factures devient la voie naturelle, avec une exonération de cotisations à condition de conserver les justificatifs.
Le salarié choisit le coworking de lui-même. Il dispose d'un bureau ou télétravaille à domicile, et préfère louer un poste pour sortir de chez lui. Aucun des textes que nous avons consultés n'oblige l'employeur à rembourser ce choix au-delà de l'indemnité de télétravail qu'il verse déjà. Pour éviter tout litige, le mieux est de trancher la question par écrit avant la première facture.
Ce que coûte un coworking face à l'indemnité
Le décalage entre le barème et les prix du marché se lit mieux sur un mois. Le tableau ci-dessous compare, sur la base de quatre semaines, l'indemnité exonérée sans accord de branche et le coût d'un poste en coworking aux prix relevés par LesCoworkings en juillet 2026 : 25 € la journée en médiane (267 tarifs), 200 € le mois pour un poste nomade (442 tarifs).
| Rythme de télétravail | Indemnité mensuelle exonérée | Coût au day pass (25 €) | Poste nomade au mois |
|---|---|---|---|
| 1 jour par semaine | 11 € | 100 € (4 jours) | 200 € |
| 2 jours par semaine | 22 € | 200 € (8 jours) | 200 € |
| 3 jours par semaine | 33 € | 300 € (12 jours) | 200 € |
Sources : URSSAF (barème 2026), relevé LesCoworkings de juillet 2026. Le montant pour 3 jours applique le forfait mensuel de 11 € par jour hebdomadaire.
Deux constats. L'indemnité forfaitaire couvre entre 11 % et 17 % du coût d'un poste en coworking, selon le rythme. Et à partir de deux jours par semaine, l'abonnement mensuel coûte autant ou moins que les journées à l'unité : notre calcul du seuil entre day pass et abonnement situe la bascule à huit jours par mois en France.
Le prix de la journée varie peu d'une ville à l'autre. La moitié des day pass relevés se situent entre 20 € et 29 €, et seules Grenoble (20 €) et Rouen (22 €) passent sous 25 € en médiane parmi les villes du relevé. Pour un salarié qui vient ponctuellement, les coworkings à la journée à Paris et ceux de Lyon ouverts sans abonnement affichent leurs tarifs quand ils sont publics. Les écarts entre villes, formule par formule, sont détaillés sur la page des prix du coworking par ville.
Comment financer un poste en coworking pour un salarié
Trois montages se rencontrent, avec des effets différents.
| Montage | Ce que paie l'employeur | Justificatifs | Point d'attention |
|---|---|---|---|
| Indemnité forfaitaire au barème | 11 € à 59,40 € par mois sans accord de branche | Aucun dans la limite du barème | Couvre une faible part d'un poste en coworking |
| Remboursement sur factures | Le coût réel du day pass ou de l'abonnement | Factures au nom du salarié | Exonération à condition de prouver la dépense |
| Abonnement souscrit par l'entreprise | Le contrat directement, au nom de la société | Factures au nom de l'entreprise | Le salarié ne fait aucune avance de frais |
L'abonnement souscrit par l'entreprise convient quand plusieurs salariés sont concernés ou qu'ils se déplacent. Plusieurs réseaux vendent un accès nomade valable dans tous leurs sites, un point comparé enseigne par enseigne dans notre comparatif des réseaux de coworking.
Quel que soit le montage, trois éléments méritent d'être écrits dans l'accord, la charte ou l'avenant : les lieux autorisés, le plafond de prise en charge et les justificatifs attendus. Un indépendant, lui, ne relève pas de ce cadre : pour lui, la question est celle de la déductibilité du coworking selon le régime fiscal.
Questions fréquentes
Quel est le montant de l'indemnité de télétravail en 2026 ?
L'employeur est-il obligé de verser une indemnité de télétravail ?
L'employeur doit-il payer un coworking à un salarié en télétravail ?
L'indemnité de télétravail suffit-elle à payer un day pass ?
Peut-on cumuler l'indemnité de télétravail et le remboursement du matériel informatique personnel ?
Sources
- Les frais professionnels - Urssaf.fr, URSSAF
- Télétravail du salarié dans le secteur privé | Service Public, Service-public.fr
- Frais professionnels -Remboursement des frais de télétravail : quel barème en 2026 ? | Service Public Entreprendre, Service Public Entreprendre