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lescoworkings.fr

Juridique, fiscalité et domiciliation22 septembre 2026

Bail précaire, bail commercial ou coworking : quel contrat pour ses bureaux ?

Bail commercial : neuf ans, sortie possible tous les trois ans. Bail précaire : trois ans au plus. Bail professionnel : six ans, départ possible à tout moment. Le coworking loue un bureau et ses services, 570 €/mois en médiane en 2026. Les règles de chaque contrat, textes à l'appui.

Pour louer des bureaux, quatre contrats couvrent la plupart des situations. Le bail commercial dure neuf ans au moins, avec une sortie possible tous les trois ans. Le bail dérogatoire, dit bail précaire, dure trois ans au plus et n'ouvre aucun droit au renouvellement. Le bail professionnel, réservé aux activités libérales, dure six ans au moins. Le coworking loue un bureau avec ses services : un bureau privé s'y loue 570 €/mois en médiane en France, selon le relevé LesCoworkings de juillet 2026 (651 tarifs).

Les règles citées ici viennent du Code de commerce, de la loi du 23 décembre 1986 et des fiches de Service Public Entreprendre. Les prix viennent de l'annuaire LesCoworkings, dont la méthode de relevé est publiée. L'article décrit le cadre légal : un bail se relit avant signature, au besoin avec un professionnel du droit.

Les contrats pour des bureaux, en un tableau

Contrat Pour quelle activité Durée Sortie du locataire À l'échéance Texte
Bail commercial Commerciale, artisanale ou industrielle 9 ans au moins À chaque période de 3 ans, préavis de 6 mois Droit au renouvellement Code de commerce, art. L145-4
Bail professionnel Libérale 6 ans au moins À tout moment, préavis de 6 mois Reconduction tacite pour la même durée Loi du 23 décembre 1986, art. 57 A
Bail dérogatoire, dit précaire Exploitation d'un fonds de commerce 3 ans au plus, baux successifs compris Aucune avant le terme, sauf clause Fin automatique à la date prévue Code de commerce, art. L145-5
Convention d'occupation précaire Occupation liée à des circonstances particulières Sans durée imposée Selon la convention Hors statut des baux commerciaux Code de commerce, art. L145-5-1
Contrat de coworking Commerciale, artisanale ou libérale, selon l'espace Au mois ou à la journée, engagement selon l'offre Selon le contrat Selon le contrat Contrat de l'espace

La sortie triennale du bail commercial peut être écartée par une clause dans les baux de locaux à usage exclusif de bureaux (voir plus bas).

Le bail commercial : neuf ans, avec une sortie tous les trois ans

L'article L145-4 du Code de commerce fixe la règle : « La durée du contrat de location ne peut être inférieure à neuf ans. » Le locataire peut donner congé à l'expiration de chaque période triennale, au moins six mois à l'avance, par lettre recommandée avec demande d'avis de réception ou par acte extrajudiciaire. La fiche Service Public Entreprendre sur la résiliation du bail commercial donne un exemple : pour une échéance triennale au 30 septembre, le congé part au plus tard le 31 mars.

Un point concerne directement les bureaux. Le même article autorise les baux « des locaux à usage exclusif de bureaux » à comporter des stipulations contraires à cette sortie triennale. Un bail de bureaux peut donc engager le locataire pour neuf ans sans sortie intermédiaire : la clause se lit avant de signer.

Le statut des baux commerciaux s'applique quand quatre conditions sont réunies, selon la fiche sur le contrat de bail commercial : un contrat de bail, un local à usage commercial, artisanal ou industriel, l'exploitation d'un fonds de commerce, et l'immatriculation du locataire au registre du commerce et des sociétés ou au registre national des entreprises. Le statut donne au locataire le droit au renouvellement au bout de neuf ans, une indemnité d'éviction en cas de non-renouvellement et une révision du loyer tous les trois ans ou selon une clause d'échelle mobile. Pour un bail signé ou renouvelé à compter du 28 mai 2026, le dépôt de garantie est plafonné à un trimestre de loyers.

Le bail professionnel, pour les activités libérales

Le bail professionnel loue un local à une activité « qui n'est ni commerciale, ni artisanale, ni industrielle, ni agricole », soit principalement les professions libérales, selon la fiche sur le contrat de bail professionnel. L'article 57 A de la loi du 23 décembre 1986 le fixe à six ans au moins, par écrit, reconduit tacitement pour la même durée.

Sa souplesse tient à la sortie : le locataire peut, « à tout moment », notifier son départ avec un préavis de six mois. Le dépôt de garantie n'y est pas obligatoire. En accord avec le bailleur, un professionnel libéral peut aussi placer volontairement son bail sous le régime du bail commercial.

Le bail précaire, ou bail dérogatoire : trois ans au plus

Le « bail précaire » du langage courant est le bail dérogatoire, ou bail de courte durée. La fiche Service Public Entreprendre sur le bail dérogatoire le présente comme un contrat de location de locaux utilisés pour l'exploitation d'un fonds de commerce, d'une durée maximale de trois ans, adapté à l'ouverture d'un magasin éphémère ou au lancement d'une nouvelle activité. Trois conditions l'encadrent.

  1. Un écrit dans lequel bailleur et locataire expriment clairement leur volonté d'écarter le statut des baux commerciaux.
  2. Une durée totale de trois ans au plus. L'article L145-5 du Code de commerce compte « la durée totale du bail ou des baux successifs ». À l'expiration, les parties ne peuvent plus conclure un nouveau bail dérogatoire pour exploiter le même fonds dans les mêmes locaux.
  3. Un état des lieux à l'entrée et à la sortie, joint au contrat.

Le bail dérogatoire se signe pour une période ferme. Le locataire qui part avant le terme paie en principe les loyers jusqu'à la date prévue, sauf clause de résiliation négociée à la signature. Le loyer est fixé librement et n'est pas plafonné.

La fin du bail demande de la vigilance. Si le locataire reste dans les lieux et que le bailleur ne réagit pas dans le mois qui suit l'échéance, « il s'opère un nouveau bail » soumis au statut des baux commerciaux, selon l'article L145-5. Le bail court devient alors un bail commercial, avec sa durée de neuf ans.

Bail précaire et convention d'occupation précaire : deux contrats différents

Les deux expressions se ressemblent mais ne désignent pas le même contrat. La convention d'occupation précaire relève de l'article L145-5-1 du Code de commerce : elle « se caractérise, quelle que soit sa durée, par le fait que l'occupation des lieux n'est autorisée qu'à raison de circonstances particulières indépendantes de la seule volonté des parties ». Elle n'est pas soumise au statut des baux commerciaux.

La différence tient à l'origine de la précarité. Le bail dérogatoire est une durée courte choisie par les deux parties, plafonnée à trois ans. La convention d'occupation précaire repose sur des circonstances extérieures à leur seule volonté, et la loi ne lui fixe pas de durée.

Le contrat de coworking : des bureaux et des services au même prix

Un espace de coworking loue des postes et des bureaux avec des services : mobilier, connexion, accueil, salles de réunion. La Cour de cassation s'est prononcée sur la nature de ce type de contrat dans un arrêt de sa troisième chambre civile du 27 juin 2024, publié au bulletin. Un locataire de locaux commerciaux avait conclu avec des entreprises des contrats de « prestations de services et mises à dispositions de bureaux », et son bailleur y voyait des sous-locations justifiant une hausse de loyer.

La Cour a jugé que la qualification de sous-location « est exclue lorsque le locataire met à disposition de tiers les locaux loués moyennant un prix fixé globalement, qui rémunère indissociablement tant la mise à disposition des locaux que des prestations de service spécifiques recherchées par les clients ». Les contrats en cause prévoyaient notamment l'entretien, l'accueil, la sécurité, l'assurance et la wifi.

Pour l'entreprise cliente, la conséquence pratique tient à la nature du contrat. La première condition du statut des baux commerciaux est l'existence d'un bail : un contrat de services de ce type ne donne pas, à ce titre, de droit au renouvellement ni d'indemnité d'éviction. Les postes nomades et dédiés se prennent en général sans engagement ou au mois, et les grilles des bureaux d'équipe relevées par LesCoworkings mentionnent des engagements de douze à trente-six mois, avec dépôt de garantie et préavis de trois mois, comme le détaille notre définition du coworking.

Ce que coûte un bureau en coworking

Formule Prix médian en France Tarifs relevés
Poste nomade 200 €/mois 442
Poste dédié 270 €/mois 409
Bureau privé 570 €/mois 651
Day pass 25 €/jour 267

Relevé LesCoworkings de juillet 2026, tarifs publics uniquement. Le bureau privé atteint 870 €/mois en médiane à Paris et 800 € à Bordeaux, et descend à 390 € à Marseille, d'après les prix médians par ville et par formule. Espace par espace, les offres se comparent sur les bureaux fermés proposés en coworking à Toulouse ou à Nantes, et le classement des villes selon le prix du poste nomade situe chaque grande ville.

Quel contrat choisir selon sa situation ?

  • Tester une activité commerciale ou ouvrir un local éphémère : le bail dérogatoire, trois ans au plus, sans engagement au-delà.
  • Exercer une profession libérale : le bail professionnel, qui permet de partir à tout moment avec six mois de préavis. Le coworking reste possible, mais Service Public Entreprendre rappelle que la plupart des espaces n'autorisent ni stock de marchandises ni clientèle régulière importante.
  • Installer un commerce avec sa clientèle : le bail commercial, pour le droit au renouvellement et l'indemnité d'éviction attachés au fonds.
  • Loger une équipe dont l'effectif va bouger : un bureau privé en coworking, en vérifiant la durée d'engagement et le préavis inscrits au contrat.
  • Travailler quelques jours par mois hors de chez soi : un poste nomade ou un day pass, sans contrat de location.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un bail précaire ?

Le bail précaire est le nom courant du bail dérogatoire, ou bail de courte durée, prévu par l'article L145-5 du Code de commerce. Il loue un local pour exploiter un fonds de commerce pendant trois ans au plus, baux successifs compris. Il doit être écrit et n'ouvre ni droit au renouvellement ni indemnité d'éviction.

Que se passe-t-il à la fin d'un bail dérogatoire ?

Le bail dérogatoire prend fin automatiquement à la date prévue, sans congé à donner. Si le locataire reste dans les lieux et que le bailleur ne réagit pas dans le délai d'un mois après l'échéance, un nouveau bail soumis au statut des baux commerciaux s'applique, selon l'article L145-5 du Code de commerce.

Peut-on quitter un bail commercial avant neuf ans ?

Oui, à l'expiration de chaque période de trois ans, avec un congé donné au moins six mois à l'avance par lettre recommandée ou par acte extrajudiciaire. L'article L145-4 du Code de commerce permet toutefois d'écarter cette sortie triennale dans les baux de locaux à usage exclusif de bureaux, d'où l'intérêt de lire la clause.

Quelle différence entre bail professionnel et bail commercial ?

Le bail professionnel concerne les activités libérales. Il dure six ans au moins et le locataire peut partir à tout moment avec six mois de préavis. Le bail commercial concerne les activités commerciales, artisanales ou industrielles. Il dure neuf ans au moins et donne droit au renouvellement et à une indemnité d'éviction.

Un contrat de coworking est-il une sous-location ?

Non, dans l'affaire jugée par la Cour de cassation le 27 juin 2024 : la qualification de sous-location est exclue quand un prix global rémunère indissociablement la mise à disposition des bureaux et des services recherchés par les clients. Les contrats en cause prévoyaient l'entretien, l'accueil, la sécurité, l'assurance et la wifi.

Combien coûte un poste de travail en coworking ?

Selon le relevé LesCoworkings de juillet 2026, un poste nomade en open space coûte 200 € par mois en médiane en France, un poste dédié 270 €, un bureau privé 570 € et une journée 25 €. Ces médianes sont calculées sur les seuls tarifs publics, de 267 à 651 tarifs selon la formule.

Sources

Publié par LesCoworkings, données issues de nos relevés de prix.